Sec 2 · Probabilité · Étude approfondie

Comprendre le Hasard

Ce guide explique le pourquoi derrière chaque règle — pas seulement ce qu'il faut mémoriser, mais comment raisonner sur le hasard. Travaille chaque section dans l'ordre, essaie chaque point de contrôle, puis révèle la réponse pour te corriger.

5 sections Exemples résolus étape par étape Points de contrôle Explications intuitives
1
Concepts de base
Le vocabulaire essentiel pour parler du hasard avec précision

La probabilité est la branche des mathématiques qui mesure la chance qu'un événement se produise. Avant de calculer quoi que ce soit, il faut maîtriser le vocabulaire de base — chaque mot a un sens très précis.

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Pourquoi avons-nous besoin d'un vocabulaire précis ?
Dans la vie courante, on dit « c'est probable » ou « c'est rare » — des expressions vagues. En mathématiques, on attribue un nombre entre 0 et 1 à chaque événement. Cela permet de comparer des chances, de prendre des décisions éclairées et de vérifier nos intuitions. Un médecin, un assureur, un météorologue — tous utilisent ce vocabulaire chaque jour.

Le vocabulaire fondamental

TermeDéfinitionExemple : lancer un dé
Expérience aléatoireUn processus dont le résultat ne peut pas être prédit avec certitudeLancer un dé à 6 faces
Résultat (issue)Un seul résultat possible de l'expérienceObtenir un 4
Espace échantillonnal (S)L'ensemble de tous les résultats possiblesS = {1, 2, 3, 4, 5, 6}
Événement (A)Un ensemble d'un ou plusieurs résultatsA = {nombres pairs} = {2, 4, 6}
Résultats favorablesLes résultats qui appartiennent à l'événement A3 résultats : 2, 4, 6
🔑
L'échelle des probabilités : toute probabilité est un nombre compris entre 0 et 1.
P(A) = 0 → événement impossible (ex. : obtenir un 7 sur un dé à 6 faces)
P(A) = 1 → événement certain (ex. : obtenir un nombre entre 1 et 6)
0 < P(A) < 1 → événement possible mais incertain
Facile
Identifier l'espace échantillonnal
On lance un dé à 6 faces. On s'intéresse à l'événement A = « obtenir un nombre impair ». Identifie S et les résultats favorables.
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1
Lister l'espace échantillonnal
S = {1, 2, 3, 4, 5, 6} → 6 résultats possibles
2
Identifier les résultats favorables à l'événement A
A = {1, 3, 5} → 3 résultats favorables
Réponse : S = {1,2,3,4,5,6} ; résultats favorables = {1,3,5} ; |A| = 3
Intermédiaire
Événement impossible et événement certain
On tire une carte au hasard dans un jeu de 52 cartes standard. Donne un exemple d'événement impossible et un exemple d'événement certain.
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1
Événement impossible (P = 0)
A = « tirer un joker » (s'il n'y en a pas dans le jeu)
Aucun résultat favorable → P(A) = 0/52 = 0
2
Événement certain (P = 1)
B = « tirer une carte du jeu »
Tous les 52 résultats sont favorables → P(B) = 52/52 = 1
À retenir : P = 0 → impossible ; P = 1 → certain ; entre les deux → incertain
Point de contrôle 1
a) On tire une bille au hasard dans un sac contenant 4 billes rouges, 3 bleues et 2 vertes. Écris l'espace échantillonnal en termes de couleurs et donne le nombre total de résultats.
b) Soit A = « tirer une bille bleue ». Combien de résultats favorables y a-t-il ?
c) Est-il possible d'obtenir une bille jaune ? Quelle est la probabilité de cet événement ?

a) S = {rouge, rouge, rouge, rouge, bleu, bleu, bleu, vert, vert} → 9 résultats au total.

b) Il y a 3 billes bleues, donc 3 résultats favorables à l'événement A.

c) Il n'y a aucune bille jaune dans le sac. L'événement « tirer une bille jaune » est impossible : P = 0.

2
Probabilité théorique
Calculer une probabilité par le raisonnement, sans faire d'expérience

La probabilité théorique repose sur le raisonnement logique. On suppose que tous les résultats sont équiprobables — c'est-à-dire qu'ils ont tous la même chance de se produire (dé équilibré, pièce symétrique, tirage au sort équitable).

💭
Pourquoi « équiprobable » est-il important ?
Si un dé est truqué et que le 6 sort trois fois plus souvent que les autres faces, la formule théorique simple ne s'applique plus. La probabilité théorique fonctionne uniquement lorsque chaque résultat a exactement la même chance d'apparaître. Dans un problème, si rien n'est précisé, on suppose toujours que les résultats sont équiprobables.
Probabilité théorique
P(A) = nombre de résultats favorables / nombre total de résultats dans S
Valable uniquement si tous les résultats sont équiprobables
💡
Méthode en 3 étapes :
1. Lister ou dénombrer tous les résultats de S.
2. Identifier les résultats favorables à l'événement A.
3. Appliquer la formule : P(A) = favorables / total.
Facile
Probabilité de tirer une bille rouge
Un sac contient 5 billes rouges, 3 billes bleues et 2 billes vertes. On tire une bille au hasard. Quelle est la probabilité de tirer une bille rouge ?
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1
Dénombrer l'espace échantillonnal
Total = 5 + 3 + 2 = 10 billes
2
Compter les résultats favorables
Billes rouges = 5 résultats favorables
3
Appliquer la formule
P(rouge) = 5/10 = 1/2 = 0,5 = 50 %
Réponse : P(rouge) = 1/2 = 50 %
Intermédiaire
Probabilité avec un dé — nombre composé
On lance un dé à 6 faces. Quelle est la probabilité d'obtenir un nombre composé (non premier et différent de 1) ?
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1
Lister S et classifier chaque résultat
S = {1, 2, 3, 4, 5, 6}
1 → ni premier ni composé (cas particulier)
2, 3, 5 → nombres premiers
4, 6 → nombres composés
2
Identifier les résultats favorables
Nombres composés : {4, 6} → 2 résultats favorables
3
Calculer la probabilité
P(composé) = 2/6 = 1/3 ≈ 33,3 %
Réponse : P(composé) = 1/3 ≈ 33,3 %
Point de contrôle 2
a) Une roue de loterie comporte 8 sections égales numérotées de 1 à 8. Quelle est la probabilité d'obtenir un multiple de 3 ?
b) Dans un jeu de 52 cartes, quelle est la probabilité de tirer un as ?
c) Exprime ta réponse en b) sous forme de fraction, de décimale et de pourcentage.

a) Multiples de 3 parmi {1,…,8} : {3, 6} → 2 résultats favorables sur 8.
P = 2/8 = 1/4 = 25 %

b) Il y a 4 as dans un jeu de 52 cartes.
P(as) = 4/52 = 1/13

c) 1/13 ≈ 0,07697,69 %

3
Probabilité expérimentale
Ce que les données réelles nous disent sur le hasard

La probabilité expérimentale est calculée à partir de données réelles obtenues en réalisant une expérience plusieurs fois. Contrairement à la probabilité théorique, elle ne suppose rien — elle observe.

💭
Pourquoi utiliser la probabilité expérimentale ?
Parfois, on ne peut pas calculer une probabilité théorique facilement. Quelle est la probabilité qu'une punaise atterrisse sur sa pointe ? On ne peut pas le déduire par la logique — il faut lancer la punaise de nombreuses fois et compter. En médecine, en météorologie, en sport, la probabilité expérimentale (basée sur des données passées) est souvent la seule option disponible.
Probabilité expérimentale
P(A) = nombre de fois que A s'est produit / nombre total d'essais
Aussi appelée fréquence relative
🔑
Loi des grands nombres : Plus on effectue d'essais, plus la probabilité expérimentale se rapproche de la probabilité théorique. Avec 10 lancers de pièce, tu pourrais obtenir 8 faces sur 10 (80 %) — c'est normal. Avec 10 000 lancers, le résultat sera très proche de 50 %.
Facile
Calculer une probabilité expérimentale
Lors d'une expérience, on lance une pièce 80 fois. On obtient face 38 fois. Quelle est la probabilité expérimentale d'obtenir face ?
Voir la solution
1
Identifier les valeurs
Nombre de fois que face s'est produit = 38
Nombre total d'essais = 80
2
Appliquer la formule
P(face) = 38/80 = 19/40 = 0,475 = 47,5 %
3
Comparer avec la probabilité théorique
Probabilité théorique = 1/2 = 50 %
Différence = 50 % − 47,5 % = 2,5 % → résultat raisonnable pour 80 essais
Réponse : P expérimentale (face) = 38/80 = 47,5 %
Intermédiaire
Interpréter un tableau de fréquences
On lance un dé 60 fois. Le tableau ci-dessous montre les résultats. Calcule la probabilité expérimentale d'obtenir un 3 ou un 5. Compare avec la probabilité théorique.
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1
Données du tableau (résultats simulés)
Face 1 : 9 fois | Face 2 : 11 fois | Face 3 : 8 fois
Face 4 : 12 fois | Face 5 : 10 fois | Face 6 : 10 fois
Total : 9+11+8+12+10+10 = 60 essais
2
Compter les succès (3 ou 5)
Face 3 : 8 fois + Face 5 : 10 fois = 18 fois
3
Probabilité expérimentale
P expérimentale (3 ou 5) = 18/60 = 3/10 = 30 %
4
Probabilité théorique (pour comparaison)
P théorique (3 ou 5) = 2/6 = 1/3 ≈ 33,3 %
Écart = 33,3 % − 30 % = 3,3 % → acceptable pour 60 essais
Réponse : P expérimentale = 18/60 = 30 % ; P théorique = 1/3 ≈ 33,3 %
Point de contrôle 3
a) On lance une punaise 200 fois. Elle atterrit sur sa pointe 74 fois. Quelle est la probabilité expérimentale d'atterrir sur la pointe ?
b) Si on effectuait 2 000 lancers au lieu de 200, que peut-on dire de la probabilité expérimentale selon la loi des grands nombres ?
c) Un dé est-il équilibré si, sur 120 lancers, on obtient un 6 à 35 reprises ? Justifie.

a) P(pointe) = 74/200 = 37/100 = 37 %

b) Selon la loi des grands nombres, avec plus d'essais, la probabilité expérimentale se stabilise et se rapproche de la vraie probabilité théorique. Le résultat sera plus fiable.

c) P théorique (6) = 1/6 ≈ 16,7 %. Avec 120 lancers, on s'attend à environ 20 fois. Obtenir 35 fois (≈ 29,2 %) est nettement plus élevé — le dé est peut-être truqué, mais il faudrait davantage de lancers pour en être certain.

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Événements complémentaires
Quand il est plus facile de calculer ce qui n'arrive pas

Le complémentaire d'un événement A, noté Ā (ou A'), représente tous les résultats de S qui n'appartiennent pas à A. En d'autres termes, Ā = « A ne se produit pas ».

💭
Pourquoi le complémentaire est-il si utile ?
Parfois, compter les résultats favorables est difficile, mais compter les résultats défavorables est très facile. La règle P(Ā) = 1 − P(A) permet de changer de perspective. Par exemple, « P(au moins un succès) » peut être compliqué à calculer directement, mais « P(aucun succès) » est souvent simple — et on soustrait de 1.
Règle du complémentaire
P(Ā) = 1 − P(A)     et     P(A) + P(Ā) = 1
Ā se lit « A barre » ou « le complémentaire de A »
⚠️
Erreur classique : confondre A et Ā. Si A = « obtenir un nombre pair », alors Ā = « ne pas obtenir un nombre pair » = « obtenir un nombre impair ». Le complémentaire couvre exactement tout ce qui n'est pas dans A.
Facile
Utiliser la règle du complémentaire
La probabilité qu'il neige demain est de 0,3. Quelle est la probabilité qu'il ne neige pas ?
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1
Identifier P(A)
A = « il neige » → P(A) = 0,3
2
Appliquer la règle du complémentaire
P(Ā) = 1 − P(A) = 1 − 0,3 = 0,7
3
Vérification
P(A) + P(Ā) = 0,3 + 0,7 = 1 ✓
Réponse : P(pas de neige) = 0,7 = 70 %
Difficile
Le complémentaire avec « au moins un »
On lance une pièce équilibrée 3 fois. Quelle est la probabilité d'obtenir au moins une fois face ?
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1
Reconnaître que le complémentaire est plus simple

« Au moins une face » inclut : 1 face, 2 faces, 3 faces. Beaucoup de cas à compter. Le complémentaire = « aucune face » = 3 fois pile.

2
Calculer P(aucune face) = P(3 fois pile)
P(pile) = 1/2 pour chaque lancer
P(3 fois pile) = 1/2 × 1/2 × 1/2 = 1/8
3
Appliquer le complémentaire
P(au moins une face) = 1 − P(aucune face) = 1 − 1/8 = 7/8
Réponse : P(au moins une face) = 7/8 = 87,5 %
Point de contrôle 4
a) P(gagner) = 2/5. Quelle est P(ne pas gagner) ?
b) Dans un sac de 20 bonbons, 7 sont à la fraise. On tire un bonbon au hasard. Quelle est la probabilité de ne pas tirer un bonbon à la fraise ?
c) Pourquoi est-il souvent plus facile de calculer P(au moins un) en utilisant le complémentaire ?

a) P(ne pas gagner) = 1 − 2/5 = 3/5

b) P(fraise) = 7/20. P(pas fraise) = 1 − 7/20 = 13/20 = 65 %

c) « Au moins un » englobe de nombreux cas (1, 2, 3…). Son complémentaire « aucun » est souvent un seul cas facile à calculer. Il suffit de calculer ce seul cas et de soustraire de 1.

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Arbres et tableaux de résultats
Représenter systématiquement toutes les possibilités

Lorsqu'une expérience comporte plusieurs étapes, l'espace échantillonnal peut être difficile à lister de tête. Deux outils permettent de le construire de façon organisée : l'arbre des probabilités et le tableau de résultats.

💭
Pourquoi ne pas simplement deviner le nombre de résultats ?
Pour deux dés, beaucoup d'élèves pensent spontanément qu'il y a 12 résultats (6 + 6). En réalité, il y en a 36 (6 × 6), car chaque résultat du premier dé peut se combiner avec chacun des 6 résultats du second. Sans un arbre ou un tableau, on risque de manquer des combinaisons et de faire des erreurs de probabilité.

L'arbre des probabilités

Chaque niveau de l'arbre représente une étape de l'expérience. À chaque nœud, on trace autant de branches qu'il y a de résultats possibles. Pour trouver la probabilité d'un chemin, on multiplie les probabilités le long de ce chemin.

Chemin (ET)
Multiplier : P(A) × P(B)
Plusieurs chemins (OU)
Additionner les probabilités des chemins
Principe fondamental
Total = n₁ × n₂ × n₃ …
Facile
Arbre : pièce puis couleur
On lance une pièce (face / pile), puis on tire une carte de couleur (rouge / noire) dans un jeu équilibré. Construis l'arbre et calcule P(face ET rouge).
Voir la solution
1
Construire l'arbre
Lancer 1 (pièce):
  Face (1/2) → Carte rouge (1/2) → résultat : (Face, Rouge)
  Face (1/2) → Carte noire (1/2) → résultat : (Face, Noire)
  Pile (1/2) → Carte rouge (1/2) → résultat : (Pile, Rouge)
  Pile (1/2) → Carte noire (1/2) → résultat : (Pile, Noire)
2
Compter les résultats totaux
Total = 2 × 2 = 4 résultats équiprobables
3
Calculer P(Face ET Rouge)
P = 1/2 × 1/2 = 1/4 = 25 %
Réponse : P(Face ET Rouge) = 1/4 = 25 %
Intermédiaire
Tableau de résultats : deux dés
On lance deux dés équilibrés à 6 faces. En utilisant un tableau de résultats, calcule P(somme = 8).
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1
Construire le tableau (grille 6×6)
Dé 1 en lignes : 1, 2, 3, 4, 5, 6
Dé 2 en colonnes : 1, 2, 3, 4, 5, 6
Total des résultats = 6 × 6 = 36
2
Identifier les paires dont la somme vaut 8
(2,6), (3,5), (4,4), (5,3), (6,2) → 5 paires
3
Calculer la probabilité
P(somme = 8) = 5/36 ≈ 13,9 %
Réponse : P(somme = 8) = 5/36 ≈ 13,9 %
🧠
Événements indépendants : Deux événements A et B sont indépendants si la réalisation de l'un n'influence pas la probabilité de l'autre. Pour des événements indépendants :
P(A ET B) = P(A) × P(B)
C'est le principe utilisé dans les arbres : on multiplie le long des branches parce que chaque étape est indépendante.
Point de contrôle 5
a) On lance une pièce deux fois. Construis l'arbre des probabilités et liste tous les résultats possibles. Combien y en a-t-il ?
b) À partir de ton arbre, calcule P(obtenir exactement une face).
c) Avec deux dés, P(somme = 12) = ? (Utilise le tableau ou le raisonnement.)

a) Arbre : Face-Face, Face-Pile, Pile-Face, Pile-Pile → 4 résultats au total.

b) Exactement une face : {Face-Pile, Pile-Face} → 2 résultats favorables sur 4.
P(exactement une face) = 2/4 = 1/2 = 50 %

c) La somme 12 n'est obtenue que par (6,6) → 1 paire sur 36.
P(somme = 12) = 1/36 ≈ 2,8 %